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De tout et de rien...


Guinevere d'Audrey WELLS
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
01-06-2014

Jane Campion, quelques mois avant d'avoir accepté la présidence du jury de Cannes avait dit (au "Guardian") que logiquement l'héroïne de "La leçon de piano" devait mourir. Il n'en fut rien à cause du "niet" des producteurs. Pas facile pour une femme de tenir tête à des producteurs à 90% masculins... Voilà pourquoi je suis toujours attentif à la liberté de ton des films, notamment les premières oeuvres... Un de mes films favoris sur les liens de possessions-séduction entre un homme et une femme est sans conteste "Guinevere" d'Audrey Welles. Casting subtil (Stephen Rea, Sarah Polley), scénario gentiment tarabiscoté, donnent le "La". Comme dans "Fur", sur Diane Arbus, une femme a priori objet (elle accepte de devenir modèle d'un photographe manipulateur) renverse le rapport de force et passe derrière l'objectif. Film qui n'a eu aucun succès en salles mais qu'on trouve parfois en DVD...

Extraits :

"-Ce fut le pire homme de ma vie. Ou le meilleur. Difficile à dire..."

"-Les gens irrationnels me choquent toujours..."

"Alfred Stieglitz a révolutionné l'art du 20 ème siècle..."

"Je ne parle pas d'un job, je parle de travailler !"

"-Je vis dans l'angoisse de l'humiliation.... " "C'est la condition nécessaire pour être artiste..."

"Ne pas croire en Dieu, quand on meurt c'est l'enfer..." 

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Linda LOVELACE : bouche bée, âme volée...
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
30-05-2014

Dans le court-métrage "La tête froide" de Nicolas Mesdom, un footballeur dit à l'autre : "Pour être entraîneur, dans une équipe, faut faire la pute, faut plaire à tout le monde !". On pourrait dire la même chose de tous les biopics actuellement à l'affiche, de "Grace" à "Diana" en passant par "Lovelace". Ce dernier a malgré tout une particularité : son défaussement élégant... Les séquences passent et le sujet se focalise sur l'intériorité de Linda Lovelace, star du X (pour 17 jours) et non pas sur le décorum...

Quand Lovelace quitte la maison familiale pour s'émanciper, une musique classique discrète l'accompagne. Transition sur une soirée avec de la soul music à fond. Deux décors, deux musiques, deux vies, l'ancienne et la nouvelle. "-Toutes ces bobonnes aux fourneaux qui vont à l'église avec leur mère, qu'elles aillent se faire voir" dit Linda L...

A la soirée, une copine la met en garde contre le porno. Mais Lovelace succombe, se met en couple avec son gourou (à noter que leur première séquence de sexe est vue dans le reflet d'un miroir au plafond...)

Le pygmalion emmène Lovelace à une audition. La bande déçoit les producteurs. "Un porno sans fellation c'est comme une guerre sans bataille..." Mais le pygmalion a une arme fatale, volée à Linda. Un film super 8 où il l'a filmée en train de le sucer. L'ancêtre de la Télé-Réalité en quelque sorte... Les producteurs sont sur le cul. La carrière de Lovelace a commencé.

Dans un entretien on lui demande "Quel effet ça fait d'incarner la révolution sexuelle ?". Réponse de Lovelace : "J'ai envie d'être actrice, de faire du théâtre peut-être...". Elle n'en aura jamais l'occasion.

Quand ses parents (étonnante Sharon Stone en mère) voit "Gorge profonde", le père dit à sa fille "J'ai quitté la salle...". Avant de rajouter : "C'est de notre faute ? Il y a forcément une explication..."

Comme dans "Into the wild", les parents se questionnent, et c'est la beauté du film, des deux... Lovelace donne la clef : "On m'a appris à obéir à mon mari...". La faute vient du mari, pas des parents. Mais le choix de l'un n'est-il pas la conséquence de l'absence de l'autre ?

La fin du biopic Lovelace est bouleversante : Linda passe au détecteur de mensonge à la demande de son éditeur (elle publie un livre). Puis, elle revient chez ses parents, et la caméra s'éloigne discrètement... Le dernier plan est une figure obligée (comme dans "Intouchables" ou le film sur Omar Raddad) : une image des vrais héros du biopic, en l'occurrence ici une image noire et blanc de Linda Lovelace. Emouvante... 

Amanda Seyfried est impeccable dans le film... A noter que l'une de ses amies est jouée par Chloé Sévigny qui, elle aussi, a beaucoup perdu à suivre son compagnon (Vincent Gallo) dans ses exhibitions sexuelles...

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La passion des Renault 25 ! L'inconnu du lac...
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
30-07-2013

Je ne serai pas surpris que le site du "Bon Coin" connaisse un boum sur les transactions de Renault 25. Oublier les placements de produit pour les BMW, les Mégane ou les Opel... Non, rien ne pourra égaler l'échange des deux amants de "L'inconnu du lac", le très joli film d'Alain Guiraudie :

"-La Renault 25, c'était vraiment une belle bagnole...

"-En tous cas moi, j'en suis vachement content !"

A noter que Quentin Laurent, qui a réalisé le making-of de "La ville aux murs dauphins", est assistant sur "L'inconnu du lac".

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Shokuzaï : extraits
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
22-07-2013

"La poupée française", héroïne triste de "Shokuzaï" est-elle un clin d'oeil au cinéma d'auteur Européen dont se sent si proche Kurosawa ?

Un très beau raccord pourrait le laisser entendre. Quand Sae, qui n'a jamais eu ses règles depuis le viol et le meurtre d'Emili (allusion Européenne aussi ?), sa camarade de classe, décide d'épouser Takahiro, un triste sire asexué, elle décide de devenir aussi une poupée. "Grâce à toi, mes rêves se réalisent lui dit-il...". Rêve de s'endormir face à sa femme, droite comme une vierge, avec à sa gauche la poupée...

Après la déclaration en mariage, les deux marchent dans un couloir filmé incliné. L'immeuble semble aussi bancal qu'eux. Il y a alors un "cut" très beau car une porte d'ouvre. On pense que les deux sortent du couloir, mais en fait nous vivons une ellipse temporelle qui amène Takahiro directement dans la salle d'essayage de la future mariée Sae...

"Je suis devenue une poupée pour survivre" dit Sae. "Tu te préserves des hommes mais tu veux qu'ils te chérissent" rétorque Takahiro.

Elle le tuera dans son sommeil. Après le meurtre, au bord de l'eau, elle croise la Maman d'Emilie, sa mauvaise conscience depuis 15 ans...

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Promised Land, un film fluide sur le gaz de schiste...
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
26-04-2013

Dans une séquence au milieu de "Promised Land", le nouveau Gus Van Sant, une séquence de karaoke débouche sur l'interprétation de "Dancing in the dark" de Bruce Springsteen (dont on vient d'apprendre dans le magazine UNCUT, qu'il prend des anti-dépresseurs depuis 2003). Séquence pivot dans ce film à tiroirs car elle illustre l'Amérique profonde, heureuse, même si en crise, avec le karaoke, art de l'artifice...

Steve Butler (Matt Damon) a un nom de tueur. Ca tombe bien, il est prêt à toutes les magouilles pour convertir les villages Américains à accueillir le gaz de schiste. Son patron, un requin aux dents acérées, commande du Château-Margaux, l'argent coule à flot...

Mais un écologiste et un prof de science à la retraite vont se mettre au milieu  de ces plans commerciaux bien huilés : "Ce n'est pas un complot écologique, il s'agit de nos vies, les gens ont changé, l'heure est venue !" dit l'un d'eux. Le village va t-il se rebeller ?

Un des habitants cède son terrain pour l'argent. Mais il ne veut pas que Butler lui fasse son laius sur "la dépendance énergétique de l'Amérique". "Mon frère est mort à Falloujah !" précise t-il. Autrement dit, mon frère est mort pour le pétrole américain...

L'art de Gus Van Zant (certains plans sont des citations de Elephant et dans la bande-son on entend "Even Cowgirls get the blues") travaille entre hypnose et simplicité de mise en scène : des contrejours sont utilisés quand Butler montre sa part d'ombre, la caméra tourne autour d'une table quand il prend ses victimes dans sa nasse. De même, le nombre de flous est énorme dans le film. Matt Damon est flou une dizaine de fois, et son visage se déforme dans l'eau du lavabo. Une idée simple, mais forte.

Produit par la nation d'Abu Dhabi, Promised Land n'est pas très gai, ni très optimiste. Comme dit l'un des faux-frères du film : "Ils (la big company) ne pouvait pas se permettre de voir débarquer de vrais écologistes, c'était trop risqué. Alors ils ont inventé le leur..."

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Holy Motors : le singe est le futur de l'homme
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
18-03-2013

Holy Motors ou la visite guidée du garage de l'âme de Leos Carax (auteur des jolies paroles de "Quelqu'un m'a dit" de Carla Bruni), qui nous accompagne, une lampe à la main, dans ses recoins et ses regrets. Ses femmes (Kylie Minogue en alter ego de Juliette Binoche, Eva Mendes en objets marketing transformée en vierge Marie...), ses décors (La "Samaritaine", le Père-Lachaise, le Fouquet's, où un homme est assassiné, allusion claire...) ses proches (Bertrand Cantat apparaît comme figurant dans une église). Mais, au final, tout finira dans la cuisine d'un appartement simple, de bohème. Référence à la simplicité de vie de Carax lui-même. Ce n'est pas de la misanthropie, mais de l'énervement, de la peine, face aux défaites du coeur, face aux combats sociaux, et face au monde des publicitaires. Carax a perdu sur le fond, semble t-il nous dire, mais Oscar (Denis Lavant) a gagné sur la forme. Et, dans sa cuisine, il est consolé par un singe, nos amis les plus fidèles. Et nos ancêtres... Quel image bouleversante...

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Voeux en veux-tu en voilà...
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
31-12-2012

Pour 2013, je souhaite que l'audiovisuel se démocratise encore plus. Pourquoi, par exemple, ne pas confier, le 31 Décembre prochain, la réalisation des voeux du président de la république à un diplômé d'école de cinéma ? Car comment expliquer que depuis tant d'années, ce soit le même homme, Jérôme Revon (qui a couvert la Star Academy, les débats présidentiels, ou Fort Boyard...) qui le fasse sempiternellement ? N'y aurait-il pas dignité à faire "tourner" comme on dit ?

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Ted : le surmoi de l'homme
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
29-10-2012

Ce Dimanche matin 28 Octobre, vers 13h, un enfant de 12 ans (environ) s'est tourné vers sa mère à la fin d'une projection et a dit "Ouf, c'est fini"... Etrangement, le film en question est "Ted", qu'une campagne de pub habile a transformé en "ET" de 2012. Pauvre enfant, pauvre Maman, obligée de quitter régulièrement la salle pour faire diversion.

Il y a quelques années, François Dolto disait à propos de son fils (Carlos) qu'il déculpabilisait les adultes face à la légèreté. Et bien "Ted" l'ourson (qui meurt puis ressuscite et qui est comparé dans le film à l'enfant Jesus...) joue ce rôle. Il dit ce que les adultes ne peuvent pas dire dans le cinéma américain.

Il dit qu'il va se taper la chanteuse Norah Jones (se la taper à nouveau),après l'avoir chargée pour le 11 Septembre "-Tu es à moitié arabe, non ?" Norah Jones répond : "Non, à moitié INDIENNE !. Ted fera aussi un "Cuni l'ourson" à une caissière : fellation mimée puis avalanche de sperme sur le visage (en fait du produit de nettoyage. Il ramènera 4 bimbos chez lui pour regarder "Jack et Julia" et jettera la bible au visage de son ami John (message anti-chrétien ?) Il cassera aussi en vrac Katy Perry et Susan Boyle.

Quand à John, l'adulte, il est lui beaucoup moins libre. Anniversaire de mariage en vue, il est sage comme une image, façonné par la notion de bien et de mal qu'il a hérité de Flash Gordon. Lori, sa copine, peut bien lui dire qu'il n'a plus 7 ans, mais 35, rien n'y fait. John a besoin de son adulescence. En plus, les adultes autour de lui sont encore plus gamins. Un collègue demande si Lori n'est pas d'origine Italienne (puisqu'elle pête au lit) et le patron de Lori exhibe son plus beau trophée devant lui : un testicule de Lance Armstrong (véridique...). Quand à la bague de fiançailles, un ami lui conseille de la mettre dans le cul de Lori, afin qu'elle soit "éjectée quand elle pêtera..." 

Etranges ces américains... Avides (dans le film on dit que les rappeurs bling-bling "ne peuvent pas avoir tort"), enfantins et passéistes. Leur héros : Flash Gordon, donc, qui est même présent à une soirée. Son crédo (à 60 ans) : "Eclatons-nous comme dans les années 80s. Tapons-nous un maximum de filles qui s'appellent Stéphanie !". 

Dans le film, il faut quand même un méchant, celui qui va tuer "Ted". Evidemment, il est quasi homo, et porte une moustache. Il ne chante pas sur YMCA mais sur "I think we're alone now" le tube de Tiffany.

Heureusement, la sophistication existe et elle vient d'Europe. Quand une des bimbos chie sur le parquet de Lori, Ted console cette dernière : "Oui, il y a une crotte sur ton parquet? Mais Kierkegaard aurait dit que c'est ton plancher qui est sous la crotte !"

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Ted se drogue malgré tout, pour survivre moralement (il regrette le temps des Budweiser sans senteur Italienne) et admet que "Le 11 Septembre 2001, je suis allé voir mon dealer et je me suis shooté...". Pas si gai finalement la vie d'un ourson, même guidé par la voix du Christ (c'est dans le film...). Pas gaie non plus la vie du petit garçon venu voir le film un dimanche matin ...

Et dire que si seulement "Le complexe du castor" de Jodie Foster avait marché, "Ted" n'aurait peut-être jamais existé. On disait ça dans les années 80 : si "Mes meilleurs copains" (de Jean-Marie Poiré) avait marché, on n'aurait pas eu "Les Visiteurs".
 
Qui lit "Le prophète" de Khalil Gibran ? La femme de Johnny Cash...
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
19-09-2012

Il y a quelques années, le cinéaste Sébastien BAILLY, m'avait offert, avant un tournage "Le prophète" de Khalil Gibran. Oeuvre qui a marqué beaucoup de monde. En revoyant "Walk the line" de James MANGOLD, je me suis rappelé que c'est le livre qu'offrait June CARTER (Reese WITHERSPOON) à Johnny CASH : "-Quand j'ai fini de lire un livre, je l'offre" dit-elle.

Plus tard dans le film, quand Johnny CASH est mis sur la sellette par sa maison de disques, d'autant qu'il veut faire un concert pour la prison de Folsom, un manager lui dit : "Johnny, tes fans sont des croyants, des chrétiens. Ils ne veulent pas que tu chantes pour des assassins, des violeurs, que tu les encourages !".

Réponse de Cash: "Alors, ce ne sont pas des chrétiens..."

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Les adieux à la reine : extraits
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
30-05-2012

Quelques extraits du film de Benoît Jacquot :

Mr Moreau : "Le peuple est une matière inflammable"

Louis 16 : "le pouvoir est une malédiction dont on hérite..."

La Reine : "Ne souffrez pas que l'on désunisse sur la terre ce qui est uni dans le ciel..."

Sidonie : "Les mots sont ma seule possession..."

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Extraits de "Ulysse, souviens-toi" de Guy Maddin
De tout et de rien...
Écrit par Pierre Gaffie   
30-05-2012

Déferlement d'images proche du sirop Teisseire non dilué, "Ulysse, souviens-toi" recèle, paradoxalement, de phrases simples et émouvantes, même hors contexte... C'est souvent le cas quand des cinéastes sont très sophistiqués visuellement : ils sont plus timides avec les mots et du coup, plus sincère. 

Exemples :

"Le bonheur qu'a connu une maison peut disparaître dès que ses habitants s'en vont, mais la détresse y persiste..."

"Personne n'a jamais été aussi nue"

"Ne crois pas tes yeux Ulysse, souviens-toi plutôt !"

"Je ne suis qu'un fantôme mais un fantôme ce n'est pas rien"

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