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Pensées, reflexions, nouvelles et autre...



Salt : les raisons d'un échec
27-08-2010

Les résultats décevants (et qui vont s'aggraver) du film de Philip Noyce "Salt" prouvent par l'absurde les théories à court-terme des producteurs. Quand on décide de faire du cinéma uniquement un monde de franchises (Toy Story, James Bond, Batman, Lara Croft, Sex and the city, Indiana Jones) ou de remakes (bientôt le troisième Scarface !) on fait en sorte que tout nouveau personnage fait aussi peur qu'une taupe qui sort de terre... Le cinéma commercial est un lieu de vérification et non pas de découverte. Même Angelina, même une campagne publicitaire massive, n'y peuvent rien.Les spectateurs ont été habitués à aller voir l'épisode suivant de la franchise,à l'image de ceux qui retrouvent le même emplacement de camping d'une année sur l'autre et ne veulent pas en changer. 

Récemment Steven Spielberg a eu une phrase très juste : "Je suis effrayé par la culture de mes concitoyens". 

D'un point de vue sociologique, "Salt" est intéressant car il montre que la femme déloge l'homme de sa place habituell. Imagine t-on "The expendables" avec un groupe de filles ? Non. Aujourd'hui, la femme est unique, et l'homme multiple, ou en tous cas remplacable.

Philip Noyce, le réalisateur de "Salt" est un excellent artiste (voir le prologue de "Calme Blanc"). En tant qu'australien, ill est l'équivalent de George Miller dans les 80's (Mad Max, Les sorcières d'Eastwick). Ce dernier en a eu assez d'Hollywood et est reparti au pays (pour y faire les très bons "Babe" et "Lorenzo")... 

Dommage pour Noyce, dommage Pour Angelina Jolie, une excellente comédienne qui ne reçoit pas les bons scénarios...

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Applications du Nurofen / Gagaku et Mike Oldfield
26-08-2010

En 1990, le fabriquant de Nurofen, un produit pour soulager la douleur, utilisa deux morceaux de musique pour une publicité télévisuelle qui suivait le concept classique de "Avant/après". La moitié du spot consacré aux maux de tête est illustrée par une pièce de gagaku japonais, cette musique de cour élégante qui remonte, quasiment sans avoir changé de forme, au début du 8ème siècle. Le soulagement des maux de tête intervient lorsque le gagaku est remplacé par "L'étude" de Mike Oldfield, une tranche kitsch d'exotica gentiment comique, mais néanmoins profondément maladroite, tirée de sa bande-son pour le film La déchirure.

(extrait du très bon livre "Ocean of sound" paru chez Kargo & L'éclat.)

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Entretien exclusif avec Nicolas Philibert : "Obliques" du 26 Août
25-08-2010

Fascinant parcours que celui de Nicolas PHILIBERT... Assistant de René ALLIO, premier long-métrage tourné, puis déprogrammé par la télévision Française ("La voix de son maître" avec Gérard MORDILLAT), triomphe avec "Être et avoir", et établissement d'un style documentaire unique : respect du temps laissé aux protagonistes, qu'ils soient humains ou animaux, capitaines d'entreprises, étudiants de théâtre, ou sourds.  Le tempo d'un film comme "La ville Louvre" est saisissant. Dans "Le pays des sourds" justement, une séquence est saisissante : celle où deux adultes sourds émettent leur seul regret : que leur enfant soit entendant...

Nicolas Philibert a également montré la vie du champion cycliste Henri LAPÉBIE, toujours vert et végétarien à 80 ans, enquillant ses 50 kms de vélos quotidiens !

J'ai rencontré Nicolas Philibert pendant deux heures. La première partie de l'émission sera (re)diffusée dans "Obliques" sur Fréquence Protestante, ce Jeudi 26 Août à 13h15.

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Les plans-séquences au cinéma : Plan B de Marco Berger
22-08-2010

Le titre du film de Marco Berger -Plan B- est ambigu. On peut y voir le thème du film (comment faire pour déclarer son homosexualité ?) mais aussi se dire que, dans la mise en scène, le réalisateur cherche d'autres plans que ceux que l'on voit d'habitude. Des plans bis (et non bi) en quelque sorte. Cela donne des plans- séquences très longs, harassants parfois, entrecoupés par des images brèves de buidings à Buenos-Aires. Le résultat est du goût de chacun, mais on ne peut nier que, face à la profusion d'images de toutes sortes dans notre vie quotidienne, le cinéma tente de trouver la parade en faisant durer les siennes. On assiste à une sorte de "cinéma progressif" pour reprendre le terme musical... Initialement, le plan-séquence a surtout été inventé par les cinéastes pour éviter que leurs producteurs coupent le montage dans leurs dos...

Carlos Reygadas (Japon, Lumière silencieuse) disait récemment que l'avenir était aux images longues, pour faire contrepoids, hypnotiser le spectateur. Le "rien" peut être faascinant. Mais je préfère la remarque de Michael Ballhaus (chef-op de Scorsese ou Fassbinder) : "If it's a movie, then It has to move".

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Ludivine Sagnier dans "Crime d'amour" d'Alain Corneau.
19-08-2010

La beauté du cinéma d'Alain Corneau est son humanisme. Voilà quelqu'un qui ne s'en laisse pas compter et tente de déjouer les plans qui rendent l'homme inhumain. C'est ce qui était à l'oeuvre dans des films aussi différents que "Le cousin" ou "Série Noire".

"Crime d'amour" est une réussite car derrière cette histoire de crime admis puis nié, on approche aussi du coeur de l'indécence sociale (dans le film, les business-man sont soit des pleutres soit des traiîtres) des "big corporates" comme on s'approcherait du coeur d'une centrale nucléaire.Les suicides en entreprises ne sont pas loin... Zéro compassion...

Comme dans "le cousin", où l'impunité des trafiquants de drogue (et des états) faisait froid dans le dos, les affairistes de "Crime d'amour" sont des répulsifs. "Venez, je vais vous apprendre à parler pour ne rien dire. C'est très utile" dit Kristin Scott Thomas à Ludivine Sagnier, avant une réunion. Tel est le testament de la patronne à sa protégée. 

La première séquence du film (un séjour froid filmé en plongée) ressemble à l'appartement d'Agnès Jaoui dans "le cousin". Corneau est un as quand il s'agit de planter un décor mental. Il est aidé par la magnfique lumière d'Yves Angelo.

Le monde policier et justiciaire est montré avec compassion, tendresse. Il nous rend davantage "sécure".

Ludivine Sagnier est excellente. Comme toujours... C'est une des rares actrices dont on a hâte de voir les années passer sur son visage. Elle sera une comédienne de la quarantaine totalement imprévisible, si les rôles qu'on lui propose suivent...

Mentions également à l'excellent Olivier Rabourdin (dans le rôle du juge), à Guillaume Marquet (la "belle âme" de l'entreprise) à Gérald Laroche (très bon en inspecteur) et Marie Guillard qui est absolument fabuleuse dans le rôle de la soeur de l'héroïne. Une très grande comédienne, sous-employée au cinéma.

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Easy blue world in Ténérife...
18-08-2010

Après les finitions du film "La ville aux murs dauphins" et l'enregistrement des émissions "Obliques", je suis parti à Ténérife, dans le merveilleux club de plongée Easy blue world, tenu de main de maître par un vieil ami, Xavier Fehrenbach. Il est toujours agréable d'être dans des lieux préservés, calmes, respectés...  J'ai fait l'amour à des murènes (cf la chanson de Bashung) mais je n'ai pas demandé leur main (respect de la vie...)

Ayant appris les beautés du Mont Teide (le plus haut pic d'Espagne, à 3 700 mètres d'altitude), je n'ai pas pu résister non plus...

Paysages fascinants, lunaires (c'est là qu'a été tourné La planète des singes). Malgré la haute saison, on peut marcher sans voir personne...

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Entretien avec la cinéaste Katel QUILLÉVÉRÉ. "Obliques" du 13 Août.
05-08-2010

Dans Un poison violent, le très bon premier long-métrage de Katel QUILLÉVÉRÉ, un plan dit tout. On suit la jeune héroïne (Anna, 14 ans) qui -en pleine nuit- marche sur le palier et découvre -dans  une lumière bleutée- sa mère, en bas de l'escalier. En une image et un mouvement de caméra très fluide, le passage du temps, des générations est opéré. La jeune fille, hésitante, surplombe sa mère, et est donc prête à affronter sa vie d'adulte.

Dans l'émission Obliques, Vendredi 13 Août de 13h à 13h30 sur Fréquence Protestante (100.7 fm), Katell Quillévéré parlera des thèmes principaux de son film (le poison de l'amour naissant, les carcans religieux, l'ennui) mais aussi de Pialat, de la manière de filmer les lits comme pivots d'un script : le lit de la naissance, celui de l'amour, celui de la mort. L'un des personnages centraux du film -un prêtre incarné par le comédien Stephano Cassetti- dit qu'il est rentré dans les ordres à la suite d'un rêve... de sa mère. Katel Quillévéré envisage l'idée que le lait maternel peut -pourquoi pas- influencer nos vies...

Il sera aussi question des korrigans, ces esprits qu'elle a eu envie d'invoquer pendant le tournage en Bretagne...

Pause musicale : "Les miroirs dans la boue" de William Sheller

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Fernand POUILLON : Mémoires d'un architecte
05-08-2010

Fernard POUILLON a été un architecte haut en couleurs, qui a notamment réhabilité les docks de Marseille. Son association "Les pierres sauvages" (en référence à l'un de ses livres) est situé dans le merveilleux site-château de Belcastel (Aveyron).

Voici quelques citations extraites de son autobiographie : "Mémoires d'un architecte" :

"L'académisme crée des axes, mais pas des perspectives"

"Un chantier sans anxiété est comme une vie sans douleur'

"Le sol, c'est la quatrième façade". 

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Carte blanche cinéma : "Obliques"
04-08-2010

L'antenne de Fréquence Protestante (100.7 fm, www.frequenceprotestante.com) m'a proposé une carte blanche pour le mois d'Août.

Chaque Jeudi du mois, de 13h15 à 13h45, vous pourrez entendre des entretiens sans langue de bois et passionnés avec des invités choisis depuis la création de l'émission. En l'occurrence : Brigitte Barbier (directrice de la photographie) le 5 Août, Dominique Parent (comédien) le 12, Anne Le Ny et Nicolas Philibert (cinéastes) les 19 et 26.

Les émissions seront ensuite téléchargeables sur le site de la radio.

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Comment les jeunes écoutent la musique ?
01-08-2010

La reprise par Nada Surf du titre de Depeche Mode Enjoy the silence a attiré mon attention. Assez baroque !

Mais une remarque du chanteur du groupe, Matthew Caws (*), est encore plus intrigante. Selon lui, les musiques de films ont remplacé la radio dans le coeur des teenagers. Pour se faire une culture musicale, les ados abandonnent la radio (trop formatée) et font leurs découvertes dans les Bandes Originales de film. C'est sans doute assez vrai...

* Dans la très bonne émission d'Emmanuel Khérad sur France Inter. 

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Extraits du film "Vincere" de Marco Bellochio.
30-07-2010

"Vincere" ou comment un homme emprunté et peu sûr de lui devient un fasciste... Et fait interner sa femme, victime d'en savoir trop sur lui. Victoria Mezzogiorno y livre une performance supérieure. Une actrice incroyable.

Extraits du dialogue :

"-Je ne te promets de te rendre heureuse dans ce monde, mais dans l'autre !"

"-Vous me détestez car vous m'aimez encore !"

"-Il faut s'affranchir de la morale, c'est ma seule morale !"

"-Un jour ou l'autre, on doit être un bon comédien..."

"-L'église est la seule mère que les fascistes adorent encore."

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