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Pensées, reflexions, nouvelles et autre...



Camille Claudel 1915 : extraits
25-04-2013

Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont appuie là où ça fait mal, là où Jeanne Balibar (récemment) et Jane Campion (il y a quelques années) définissait la cicatrice : le cinéma est un monde d'hommes, malheureusement. Ce n'est plus "humain, trop humain", mais "Homme trop homme". Le dernier plan, si sobre, de Camille Claudel montre Juliette Binoche assise sur un banc, ni gaie, ni triste. Elle est là, et lasse. Un carton (superposée à l'image) nous rappelle qu'elle a été enfermée dans cet asile pendant 29 ans, et que son enterrement a été banalisé... Et son frère, Paul, était trop épris de religion, de mystique, pour ne pas voir la vérité en face : il a sacrifié sa soeur sur l'autel d'une transcendance gratuite...  "-Parlons-en de ton Dieu !" lui rétorque Camille...

Paul, homme étriqué, est fataliste sur le destin des artistes : "Il n'y a pas de génie qui ne se paye..." Est-il prêt à payer pour sa soeur ? Finalement, Camille Claudel, il y a 150 ans, représentait le téléchargement illégal avant la lettre. Sauf que c'est elle, sa vie, qui a été téléchargée... ,

Un plan magnifique montre Camille devant la bâtisse, ramasser un peu de terre. Elle en fait une petite forme. Les reflets du soleil, que Bruno Dumont n'a heureusement pas retouchés, frappent l'iris du spectateur. En malaxant cette terr,e Camille Claudel se remémore t-elle SURTOUT sa passion passée ? Ou espère t-elle encore la retrouver ? 

Ce qui est fantastique dans le film, et dans le jeu mémorable de Juliette Binoche, c'est que, moins elle en dit, plus elle exprime... A noter aussi la magnifique lumière du chef-opérateur Guillaume Deffontaines. Il a tout compris...

Extraits du dialogue de Camille Claudel 1915 :

Paul Claudel : "La lecture des Illuminations puis d'Une saison en enfer, de Rimbaud, m'ont amené à la religion..." "-A 30 ans, ma soeur s'est rendue compte que Rodin ne voulait pas l'épouser. ce fut la fin de sa vie consciente..." "La lecture des Illuminations puis d'Une saison en enfer, de Rimbaud, m'ont amené à la religion..."

-"Je me suis fait chrétien par obéissance et par intérêt, pour savoir ce que l'on attendait de moi..."'

Camille Claudel : "C'est beau ces millionaires qui se jettent sur une artiste sans défense... Ils sont tellement fermés à la lumière qu'ils ont besoin de nous pour la percevoir..." "-Ce cerveau diabolique de Rodin... Il ne pensait qu'à me voler..." "-Ces hommes, pour qui je serai une accusation vivante..."

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Entretien avec Jean-Jacques BEINEIX : 12 Avril dans "Obliques" sur Fréquence Protestante 100.7 fm
02-04-2013

Jean-Jacques BEINEIX est le prochain invité d'Obliques, à l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée au musée des arts-décoratifs de Boulogne-Billancourt... L'émission (la deuxième partie sera diffusée en Mai) sera l'occasion d'une rétrospective sur son oeuvre, de "Diva" à "IP5". 

Lors de la visite de presse, à laquelle j'ai assisté la semaine dernière, Jean-Jacques Beineix a parlé de son ascension du Mont Fuji, au Japon, en citant cette phrase : "Qui monte sur le Mont Fuji est un sage, qui y monte deux fois est un fou..."

J'ai pris cette phrase comme une allusion à la carrière du cinéaste, extraordinaire, atypique, si influente ("Subway" de Luc Besson est tellement inspiré de "Diva"...) mais aussi terriblement dangereuse, en méritoire. Comme celle des alpinistes courageux...

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Isabelle PASCO et Gérard SANDOZ dans "Roselyne et les lions"

 
Extrait de "The sessions" de Ben Lewin
02-04-2013

Victime d'un calibrage de producteur, ou voeu pieux du cinéaste (Ben Lewin) "The sessions" est frappant par sa brièveté. 1h30 à peine, si on excepte les génériques, cette sècheresse surprend, mais sert le film. Car la découverte du plaisir sexuel par un homme qui n'a que trois heures de liberté physique par jour, ne se serait peut-être pas accomodé d'un délayage criard.

Le film s'ouvre sur un flash-back d'archives du personnage de Mark O'Brien, poète et prisonnier d'une machine d'acier. Victime de la polio, il est entouré de l'affection de quelques-uns et de la prévenance de certains, dont le prêtre, incroyablement bien incarné par William H.Macy...

Passées les images d'archives, nous découvrons un chat, symbole de la liberté, qui traverse la rue, entre chez Mark et gambade sur sa machine-prison. (le film se terminera sur le chat, après la mort de Mark).  Nous sommes en 1988...

Comment découvrir l'amour, le sexe, quand on est handicapé, et qu'on est croyant ? Tel est le propos du film. Avec l'icône de la vierge Marie au-dessus de lui, Mark hésite à franchir le pas. L'approbation du prêtre l'y aidera... "Même chez les non-croyants, dans l'extase, ceux qui jouissent disent "Oh mon Dieu !"

Mark a sa propre vision de la foi : "Je suis à coup sûr un croyant, mais je crois en un Dieu qui a le sens de l'humour..." Au même moment, un quidam parle de cul : "Dans le cunnilingus, tout est question d'endurance, heureusement, je fume de l'herbe...". Le cunnilingus, vedette de beaucoup de films récents dont "This must be the place" ou "Ted...

C'est Cheryl (Helen Hunt), l'assistante sexuelle choisie (ou plutôt trouvée) qui aura la noble mission de faire perdre sa virginité à Mark. Dans sa vie familiale pourtant, les problèmes s'accumulent. Pas forcément avec son mari (époux d'une assistante sexuelle, pas si simple), mais surtout avec son fils : "Ne m'appelle pas Chéri !" dit-elle à son ado de fils... "N'oublie pas que je suis ta mère !".

Son mari est "un phllosophe... Il s'occupede la maison et il pense beaucoup !" (quelle définition moderne...)

Vient le moment du passage à l'acte avec Mark. Cheryl a précisé que la différence entre une prostituée et une assistante sexuelle est qu'une prostituée veut fidéliser...". Elle poursuit : "L'attirance, c'est écrire des poèmes, coucher ensemble. Ensuite, ce sont des négociations".

Mark meurt à 49 ans, après avoir, donc, connu l'extase. Le prêtre dira de lui "Il avait une verve magnifique dans un corps paralysé..."

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Dans le rôle de Mark, John Hawkes est fantastique. Depuis "Moi, toi et tous les autres" de Miranda July, difficile de passer à côté de ce comédien si brillant. Prochain oscar ? Comme Mathieu Amalric pour "Le scaphandre et le papillon" ?

Le jeu, et la beauté d'une comédienne du film, Moon Bloodgood, qui joue l'assistante dévouée de Mark, estpar ailleurs assez extraordinaire. Avec un tel nom (pseudo, pas pseudo ?) tout est possible...

 
Holy Motors : le singe est le futur de l'homme
18-03-2013

Holy Motors ou la visite guidée du garage de l'âme de Leos Carax (auteur des jolies paroles de "Quelqu'un m'a dit" de Carla Bruni), qui nous accompagne, une lampe à la main, dans ses recoins et ses regrets. Ses femmes (Kylie Minogue en alter ego de Juliette Binoche, Eva Mendes en objets marketing transformée en vierge Marie...), ses décors (La "Samaritaine", le Père-Lachaise, le Fouquet's, où un homme est assassiné, allusion claire...) ses proches (Bertrand Cantat apparaît comme figurant dans une église). Mais, au final, tout finira dans la cuisine d'un appartement simple, de bohème. Référence à la simplicité de vie de Carax lui-même. Ce n'est pas de la misanthropie, mais de l'énervement, de la peine, face aux défaites du coeur, face aux combats sociaux, et face au monde des publicitaires. Carax a perdu sur le fond, semble t-il nous dire, mais Oscar (Denis Lavant) a gagné sur la forme. Et, dans sa cuisine, il est consolé par un singe, nos amis les plus fidèles. Et nos ancêtres... Quel image bouleversante...

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Les limites du docu-fiction... de "Anvil" à "Hitchcock"
18-03-2013

A la fin de la projection d'Hitchcock, au Gaumont Marignan (Paris), une spectatrice s'est levée et a dit à son copain : "C'est vraiment nul d'avoir ramené Hitchcock à ça, c'était un si grand artiste..." Le fait est que dans son film, pourtant agréable à suivre, Sacha Gervasi ne convainc pas vraiment. Certes, montrer les errements d'un artiste accompli est toujours intéressant, mais de là à ne garder que cette facette... Hitchcock est finalement le grand frères des hard-rockeurs d'Anvil, pauvres erres en voie de réhabilitation. Mais le focus ne passionne pas, car on sent la dérision qui affleure trop...

Mais une chose est encore plus agaçante : pourquoi avoir montré des spectateurs qui riaient aux éclats devant la séquence de la douche où Janet Leigh est assassinée ? Voilà les limites de l'affaire. Car montrer que, à la sortie de "Psychose" (et même aujourd'hui) le public rit dans ce meurtre est sujet à caution... Tout pour le spectacle, tout pour le fun, même une morte, semble dire Gervasi... Adieu la vérité des faits... Dommage...

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Projection de "La relativité expliquée aux enfants" le 29 Mars à Paris...
17-03-2013

"La relativité expliquée aux enfants" décrit l'embarras d'un père vis à vis de son fils de 9 ans : Nicolas. Parce qu'il avait oublié la demande de l'institutrice pour la fin de l'année scolaire (elle avait demandé à tous les enfants de préparer un "défi...), le papa (joué par Dominique PARENT) tente de se rattraper en frappant un grand coup ! En l'occurrence, expliquer à Nicolas la théorie de la relativité d'Albert EINSTEIN. Y parviendra t-il ?

Le film sera projeté à l'Espace St Michel (7, place St Michel, Paris) dans le cadre des projections "Open to court", à partir de 20h. 

La musique du film est signée Béatrice THIRIET.

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Adrien DROUET dans "La relativité expliquée aux enfants" 

 

 
La fin d'un "Arbitrage", la fin de "Last night"... L'ombre des doutes
14-03-2013

Bien sûr, il y a la sublime lumière du chef-opérateur Français Yorick Le Saux, bien sûr il y a les références à la chute des marchés boursiers qui a massacré les plus pauvres. Bien sûr il y a la subtilité du jeu de Richard Gere (acteur trop souvent mésestimé)... Mais le charme fatal du premier film de Nicholas Jarecki, "Arbitrage", réside dans sa dernière séquence : menteur, escamoteur, le grand financier qui a camouflé la mort de sa maîtresse (Laetitia Casta), se retrouve face à un parterre de sommités New Yorkaises. Il est le héros de la soirée, le bienfaiteur de l'Afrique... Gere est filmé de dos, comme pour montrer le poids de la culpabilité sur ses épaules. Il va traverser l'assemblée, monter sur le podium et... Il ouvre la bouche... Aucun mot ne sort ! Les lèvres ont à peine le temps de bouger... Cut final du film. Du grand art ! On ne saura jamais ce qu'il dira. Une fin réussie, très similaire à celle de "Last Night" de Massy Tadjedin : après une nuit d'hésitations sentimentales, le personnage de Keira Knightley ouvre la bouche pour s'adresser à son mari... Les lèvres bougent un peu, mais aucun mot ne sort. Point final. Le mystère... Malheureusement, ces fins risquées sont très rares au cinéma, et, paradoxalement, sur ce terrain, les cinéastes américains sont souvent plus intrépides qu'on ne le pense...

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Entretien avec Marina DÉAK : le 8 Mars dans "Obliques"
05-03-2013

Vendredi 8 Mars à 14h, sur Fréquence Protestante (100.7 fm), je reçois la cinéaste Marina Déak pour la sortie DVD de son film "Poursuite".

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La beauté au cinéma : débat au festival de Bourgueil le 22 Février...
15-02-2013

Le 22 Février à 20h30, j'animerai un débat sur la beauté au cinéma dans le cadre du festival de cinéma de Bourgueil. L'intervention aura lieu juste après le film d'Agnès Jaoui : "Au bout du conte"...

La photo ci-dessous est un exemple intéressant de la captation de la beauté par les cinéastes : dans Basic Instinct, Paul Verhoeven, et son chef-opérateur Jan de Bondt ont décidé de renforcer le charisme du personnage de romancière sûre d'elle incarnée par Sharon Stone. Très simplement : en rajoutant cette lumière étrange sur la terrasse...

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"Obliques" : entretien avec Yannick Mouren et Katia Rimbert
06-02-2013

Ce Vendredi 8 février à 14h, je reçois dans "Obliques", deux spécialistes de l'image : Yannick Mouren auteur de "La couleur au cinéma" (CNRS éditions) et Katia Rimbert, rédactrice du trimestriel "Movie Creation".

Si vous voulez savoir comment, dans "Le temps de l'Innocence" de Scorsese, la couleur des robes de Wynona Ryder et de Michelle Pfeiffer en disent long sur leur statut d'épouse légitime ou d'adultère potentiel, ou pourquoi Jacques Demy est "le plus grand coloriste Français", alors l'entretien avec Yannick Mouren saura vous intéresser. 

Si vous voulez découvrir un magazine unique en son genre, donnant des pistes pour écrire SON scénario, filmer, choisir les caméras appropriées, monter son dossier de production et, avant ou après, s'inscrire dans les meilleures écoles, alors Katia Rimbert vous donnera toutes les clefs.

rediffusion sur : www.frequenceprotestante.com/index.php?id=51&user_radio_pi1%5Banimator%5D=8

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Corruption dans le foot : les prémices... "Comme un lion"
06-02-2013

Quand Mytri, aidée par l'argent de sa grand-mère Africaine, débarque en France, alléché par un contrat de footballeur, il est berné. Berné par un intermédiaire véreux, qui l'abandonne sur un terrain, sans scrupule. Mytri dormira, comme un SDF, dans le stade. Dans son village Africain, sa grand-mère, abusée par l'homme occidental et les mercenaires du football, mourra.

Mytri remonte la pente. Il travaille dans un restaurant mais ne rêve que de foot. Un encadrant le prévient : "Y'a moins de 2000 footballeurs professionnels en France ! Mytri n'aime pas la ville : "Les gens sont moches, les vieux sont moches, les femmes sont dégeulasses !"

Il trouvera refuge près de Sochaux, avec un entraîneur sympa mais alccolo, ex vedette. Le club est géré par son beau-frère, qui tient un "Super U". Tension : "C'est parce que Super U a le pognon qu'il doit décider qui je fais jouer !!!"

En classe, les élèves écoutent "Mon p'tit loup" de Pierre Perret. Il est question dans la chanson de "La terre d'Amsterdam" et de Van Gogh. La maîtresse demande aux gamins s'ils connaissent un tableau de Van Gogh. Réponse d'une gamine : "La Joconde..."

Mytri, même mineur, est un chaud lapin. Saucé par Fatou, une femme sympa qui le laisse téléphoner, il lui demande "-Je peux dormir chez toi ?". Réponse de FAtou : "Non, mon mari est fatigué..." Mytri : "Je peux le remplacer !". FAtou : "Petit coquin..."

Bon pied, bon oeil, Mytri intègre le centre de formation Charles Peugeot. Il est intéressant de noter que c'est l'épouse de l'entraîneur qui "sauve" Mytri. Le fait que le film ait été co-écrit par deux scénaristes femmes expliquent ça...

Le film se déplace à l'usine : "Ici, on mange, on dort er on crève Peugeot"... L'entraîneur nous montre l'automatisation des voitures. A comparer avec celle des footballeurs ?

C'est lui, l'entraîneur, qui aura le dernier mot : "Au football, c'est pas le talent qui fait la différence...". Bien vu...

L'épilogue a lieu quatre ans plus tard quand Mytri est evenu professionnel, probablement en Ligue 1. C'est le stade Bonal, à Sochaux. Il sort du vestiaire, de dos. Cut de fin. Il y est arrivé...

"Comme un lion" de Samuel Collardey, avec Mytri Attal, Marc Barbé (l'entraîneur), Anne Coesens et Marc Berman

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