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Pensées, reflexions, nouvelles et autre...



Entretien avec Jean-Jacques Beineix : "Obliques'"
22-07-2013

A l'occasion de l'expo "Studio Beineix, j'ai reçu Jean-Jacques Beineix pendant une heure dans "Obliques". L'occasion de parler de TOUS ses films, de la femme qui aide l'homme à prendre confiance en lui, des maisons sur pilotis de Gruissan créées pour les classes populaires, des 100 kilos de fonte soulevées sur le tournage de "Roselyne et les lions", de la Joconde au-dessus des amants de "37°2...", du jouer "vrai" chez les comédiens, des profs anglais qui voulaient être aventuriers, de "Vexations" d'Erik Satie, du pouvoir d'attraction de Thierry Le Portier, et du rapport à la foi ou du pari de Pascal...

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Entretien avec Katell Quilleveré : Obliques, Fréquence Protestante 100.7 Fm
22-07-2013

Le 12 Juillet a été rediffusé l'émission où je recevais Katell Quillevéré, venue à Fréquence Protestante pour parler du film (son premier long) : "Un poison violent". ma dernière question fut à propos de la comparaison entre son personnage et celui de Sandrine Bonnaire dans "A nos amours". Depuis, la boucle s'est bouclée, puisque Katell a baptisé son nouveau film "Suzanne" (qui était le titre de travail de "A nos amours"... (des affiches avec ce titre et Sandrine Bonnaire en robe grenat ont longtemps circulé dans Paris comme teaser...) Autre coïncidence, j'avais choisi comme illustration musicale "Les miroirs dans la boue" de William Sheller, dont l'héroïne est si proche de celle de "Un poison violent". Katell en a été très surprise...

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Shokuzaï : extraits
22-07-2013

"La poupée française", héroïne triste de "Shokuzaï" est-elle un clin d'oeil au cinéma d'auteur Européen dont se sent si proche Kurosawa ?

Un très beau raccord pourrait le laisser entendre. Quand Sae, qui n'a jamais eu ses règles depuis le viol et le meurtre d'Emili (allusion Européenne aussi ?), sa camarade de classe, décide d'épouser Takahiro, un triste sire asexué, elle décide de devenir aussi une poupée. "Grâce à toi, mes rêves se réalisent lui dit-il...". Rêve de s'endormir face à sa femme, droite comme une vierge, avec à sa gauche la poupée...

Après la déclaration en mariage, les deux marchent dans un couloir filmé incliné. L'immeuble semble aussi bancal qu'eux. Il y a alors un "cut" très beau car une porte d'ouvre. On pense que les deux sortent du couloir, mais en fait nous vivons une ellipse temporelle qui amène Takahiro directement dans la salle d'essayage de la future mariée Sae...

"Je suis devenue une poupée pour survivre" dit Sae. "Tu te préserves des hommes mais tu veux qu'ils te chérissent" rétorque Takahiro.

Elle le tuera dans son sommeil. Après le meurtre, au bord de l'eau, elle croise la Maman d'Emilie, sa mauvaise conscience depuis 15 ans...

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7 Conférences cinéma à l'Université du Temps Libre de Toulouse...
22-05-2013

Du 22 Mai au 19 Juin, j'animerai 7 conférences sur les pouvoirs de l'image cinématographique à l'UTL de Toulouse.

www.utl-toulouse.com/cinema-theatre-musique/cinema/

Parmi les thèmes abordés, l'utilisation du temps, l'intérêt ou pas des remakes ("Les ailes du désir"/"La cité des anges" notamment), l'esthétique de la nuit (Taxi Driver), le choix chromatique des directeurs de la photo (pourquoi dans "De rouille et d'os" le chef-op Stéphane Fontaine décide de faire des lumières contradictoires pour montrer les chamboulements permanents dans la vie des héros...) et bien sûr les rapprochements entre cinéma et peinture...

Cette superposition entre la toile du Douanier-Rousseau (1910) et une image de "La piel que habito" de Pedro Almodovar, pourrait tout résumer...

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Sophie Hunger : en concert à Paris
22-05-2013

Rarement aurai-je autant anticipé un concert que celui de Sophie Hunger, fin Janvier à La Cigale, et rarement impression aura été si mitigée. Tout était à sa place, la voix, les formidables chansons... Et pourtant quelque chose n'allait pas : au bout d'une heure dix, on en était déjà aux rappels ! Tout va trop vite dans certains concerts. Le public, n'y contribue pas. En fimant en permanence, en tweetant, en buvant, il dédouble un spectacle et fait sentir qu'au bout d'une heure 30, il faut passer à autre chose. Le temps, nos perceptions, tout est là... Dommage pour Sophie Hunger que j'aurais aimé voir, être moins "efficace"...

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Isabelle Adjani, une actrice immense en plan serré...
11-05-2013

Dans Emilie Muller, le court-métrage d'Yvon Marciano, une jeune actrice passe un casting et mentira tout du long en imaginant le contenu d'un sac à main qui n'est pas le sien. Splendide métaphore de l'acteur qui joue et SE JOUE de son réalisateur. La particularité de ce film (en noir et blanc) est que le cinéaste n'est vu que de de dos, et que la comédienne est filmée en un plan unique pour 90% du temps. Elle est statufiée, pour la noble cause, sur l'autel de l'immortalité...

Dimanche dernier, en voyant le documentaire "Isabelle Adjani, 2 ou 3 choses qu'on ne sait pas d'elle"(allusion autitre du fameux film de J.L. Godard), j'ai été frappé de voir que, comme sa consoeur de fiction Emilie Muller, Adjani n'était filmée qu'en un seul plan. Pas de changement d'axes, de valeur de plan, de mouvement de caméra, tout est fixe. A l'heure où des caméramans de BFM TV ou I Télé profitent de l'arrivée des ministres à Matignon pour cadrer Aurélie Filippetti d'abord sur ses chaussures, avant de remonter sur ses jambes puis la filmer en pied (ferait-on la même chose pour un homme ?) le statisme de l'image sur Adjani est frappant... 

Mais finalement, c'est peut-être mieux ainsi. Car cette immobilité visuelle permet de mieux entendre ce que la comédienne nous dit, et qui est fascinant.. Extraits du film :

"-Avec Bruno Nuytten (son ex compagnon et génial chef-opérateur), j'ai vécu la destruction de la sensibilité d'un artiste. Cet homme, qui avait été si fort pour moi, était devenu désemparé..."

"-Il y a une formule que je déteste, c'est "The show must go on!". Non, le spectacle ne doit pas toujours continuer..."

"Je me suis retrouvée deux fois à aller seule à mon accouchement..."

"Un film, un réalisateur ne doivent pas être des cannibales de l'âme. Il vaut mieux s'approcher du style que des viscères..."

"-Je suis sceptique quand une actrice se fait dévorer sur un tournage" (allusion à Romy Schneider dans "L'important c'est d'aimer" ?)

"-Au final, c'est comme ça, la coupable il faut que ça reste l'innocente !" (à propos de la polémique sur le Sida...)

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Entretien avec Jean-Jacques Beineix : "Obliques" du 10 Mai
08-05-2013

Ce Vendredi 10 Mai à 14h, je reçois Jean-Jacques Beineix à l'occasion de l'exposition "Studio Beineix" au Musée des Arts-Décos de Boulogne-Billancourt. La seconde partie de l'entretien sera diffusée en Juin...

Lors de la visite privée, Beineix fut un excellent guide, passant de décor en décor, se mettant au piano (pour "Vexations" d'Eric Satie) et glissant, au-delà de l'art, quelques perspectives sur la place de l'artiste dans un monde quasi totalement marchand...

Quelques extraits choisis et notés dans mon carnet :

"Les grands cinéastes sont ceux qui s'astreignent à une discipline..." "-J'hésite entre peinture, musique, et au final c'est le cinéaste qui gagne..." "Une cage, on s'en échappe par la grâce..." (à propos de Roselyne et les lions

"-C'est au commerce de s'adapter à l'art et non à l'art de s'adapter au commerce !"

"-Francis Bacon et Stanley Kubrick sont des gens dont la passion est génératrice de passions..."

"On ne rigole pas avec la psychanalyse. Je m'en suis rendu compte à la sortie de Mortel Transfert, où la doxa m'est tombée dessus... J'étais passé sur le divan moi-même et j'avais envie d'en rire. En France, ça passe mal..."

"-J'ai fait beaucoup de choses tout seul, je n'ai été l'obligé de personne. Or, ne pas avoir de contraintes peut devenir une contrainte... "

"-Les natures mortes c'est bien, les visages c'est mieux !"

"-La lune dans le caniveau est le film de tous les excès. Il est parti d'un souvenir douloureux dont je ne me suis jamais remis... Le film a été abattu par la DCA ennemie..."

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 "Roselyne et les lions" de Jean-Jacques Beineix...

 
"La religieuse" de Guillaume Nicloux...
26-04-2013

"Une fausse note, une erreur" a changé le cours de ma vie..." La fausse note que Suzanne jouera au clavecin incitera ses parents à l'envoyer au couvent au lieu du conservatoire... Se refusant à entrer dans les ordres (malgré "l'ordre" de ses parents...), elle cédera là aussi sur un coup du sort, ou de dés : elle apprend qu'elle est la fille d'un amant de sa mère. Elle perd ses racines, et entre donc en religion pour compenser. Jesus sera son père... Son destin se résume en une phrase, qu'elle prononce elle-même : "Mon corps a glissé mais mon coeur n'y est pas..."

Les cheveux courts, dans son cachot, elle n'est plus une femme... 

Quelques extraits du film :

"Il est très dangereux de mêler notre voix à celle de Dieu" (la mère supérieure de la première partie du film)

"J'attendais quelque chose qui m'était déjà arrivé, et dont je ne m'étais pas aperçu" (le père)

-"On n'est jamais aussi près de Dieu que quand on pleure" (Mère supérieure)

-"Ce n'est pas avec des sacrements qu'elle va guérir (en parlant de Suzanne, au bord de la mort), c'est avec des médicaments !" (le docteur)

"Le monde vous attend, Suzanne, il a besoin de gens comme vous..." (son sauveteur)

Pascal BONGARD est, une fois de plus, incroyable, ici dans le rôle de l'archi-diacre...

A noter une curiosité. Un des personnages joue la mélodie de "Amsterdam", la chanson de Brel. Clin d'oeil ? Ou Brel s'était-il inspiré d'une oeuvre classique ?

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Promised Land, un film fluide sur le gaz de schiste...
26-04-2013

Dans une séquence au milieu de "Promised Land", le nouveau Gus Van Sant, une séquence de karaoke débouche sur l'interprétation de "Dancing in the dark" de Bruce Springsteen (dont on vient d'apprendre dans le magazine UNCUT, qu'il prend des anti-dépresseurs depuis 2003). Séquence pivot dans ce film à tiroirs car elle illustre l'Amérique profonde, heureuse, même si en crise, avec le karaoke, art de l'artifice...

Steve Butler (Matt Damon) a un nom de tueur. Ca tombe bien, il est prêt à toutes les magouilles pour convertir les villages Américains à accueillir le gaz de schiste. Son patron, un requin aux dents acérées, commande du Château-Margaux, l'argent coule à flot...

Mais un écologiste et un prof de science à la retraite vont se mettre au milieu  de ces plans commerciaux bien huilés : "Ce n'est pas un complot écologique, il s'agit de nos vies, les gens ont changé, l'heure est venue !" dit l'un d'eux. Le village va t-il se rebeller ?

Un des habitants cède son terrain pour l'argent. Mais il ne veut pas que Butler lui fasse son laius sur "la dépendance énergétique de l'Amérique". "Mon frère est mort à Falloujah !" précise t-il. Autrement dit, mon frère est mort pour le pétrole américain...

L'art de Gus Van Zant (certains plans sont des citations de Elephant et dans la bande-son on entend "Even Cowgirls get the blues") travaille entre hypnose et simplicité de mise en scène : des contrejours sont utilisés quand Butler montre sa part d'ombre, la caméra tourne autour d'une table quand il prend ses victimes dans sa nasse. De même, le nombre de flous est énorme dans le film. Matt Damon est flou une dizaine de fois, et son visage se déforme dans l'eau du lavabo. Une idée simple, mais forte.

Produit par la nation d'Abu Dhabi, Promised Land n'est pas très gai, ni très optimiste. Comme dit l'un des faux-frères du film : "Ils (la big company) ne pouvait pas se permettre de voir débarquer de vrais écologistes, c'était trop risqué. Alors ils ont inventé le leur..."

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Entretien avec Seana Kerslake... Remise des prix du festival "L'Europe autour de l'Europe", Paris.
26-04-2013

"Dollhouse" de Kirsten Sheridan a remporté le prix "Sauvage" de l'excellent festival "L'Europe autour de l'Europe" qui s'est tenu à Paris en Mars-Avril, dans de multiples lieux... Curieux film frénétique à côté duquel "Trainspotting" est presque calme...

Kirsten Sheridan, la fille de Jim, convoque quelques jeunes êméché(e)s qui vont ripailler, excéder leur limites (alcool, drogues, etc...) dans la maison d'une amie. Tout est trop, la débauche de stupéfiants, mais aussi la caméra à l'épaule, qui semble shootée elle aussi... Mais peu à peu, l'héroïne (la vraie...) s'isole et fait peu à peu bande à part. Un secret se niche dans cette maison, et surtout en elle. 

Le film prend alors une autre tournure et, même si le rythme ne faiblit pas, le message prend forme. Enfanter, mettre au monde un enfant, comme en catimini de soi, comme une expérience que l'on veut hyperréaliste. Les jeunes assistent hébétés à l'arrivée d'un bébé. La locataire officielle de la maison a choisi l'antre familiale pour faire une "crêche vivante". Au petit matin, les parents arrivent et voient les dégâts (maison à sac) mais découvrent aussi l'enfant sorti du sac/ventre de sa mère. 

Sur le site web de "Dollhouse", on note qu'aucun personnage n'est cité par son prénom, encore moins son nom. Comme si Kirsten Sheridan voulait faire de ce fait-divers une fable, une légende.

Lors de la remise des prix, l'excellente Seana Kerslake (qui joue le rôle de la néo-maman), a répondu aux questions de la salle. Une actrice prometteuse, qui à mon avis, peut tout jouer... Elle glisse dans son interprétation quelque chose d'intempore. Le rôle lui demandait d'être omniprésente, et pourtant le film s'achève et son personnage reste un mystère. C'est ce qui émane des très bons comédiens...

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Camille Claudel 1915 : extraits
25-04-2013

Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont appuie là où ça fait mal, là où Jeanne Balibar (récemment) et Jane Campion (il y a quelques années) définissait la cicatrice : le cinéma est un monde d'hommes, malheureusement. Ce n'est plus "humain, trop humain", mais "Homme trop homme". Le dernier plan, si sobre, de Camille Claudel montre Juliette Binoche assise sur un banc, ni gaie, ni triste. Elle est là, et lasse. Un carton (superposée à l'image) nous rappelle qu'elle a été enfermée dans cet asile pendant 29 ans, et que son enterrement a été banalisé... Et son frère, Paul, était trop épris de religion, de mystique, pour ne pas voir la vérité en face : il a sacrifié sa soeur sur l'autel d'une transcendance gratuite...  "-Parlons-en de ton Dieu !" lui rétorque Camille...

Paul, homme étriqué, est fataliste sur le destin des artistes : "Il n'y a pas de génie qui ne se paye..." Est-il prêt à payer pour sa soeur ? Finalement, Camille Claudel, il y a 150 ans, représentait le téléchargement illégal avant la lettre. Sauf que c'est elle, sa vie, qui a été téléchargée... ,

Un plan magnifique montre Camille devant la bâtisse, ramasser un peu de terre. Elle en fait une petite forme. Les reflets du soleil, que Bruno Dumont n'a heureusement pas retouchés, frappent l'iris du spectateur. En malaxant cette terr,e Camille Claudel se remémore t-elle SURTOUT sa passion passée ? Ou espère t-elle encore la retrouver ? 

Ce qui est fantastique dans le film, et dans le jeu mémorable de Juliette Binoche, c'est que, moins elle en dit, plus elle exprime... A noter aussi la magnifique lumière du chef-opérateur Guillaume Deffontaines. Il a tout compris...

Extraits du dialogue de Camille Claudel 1915 :

Paul Claudel : "La lecture des Illuminations puis d'Une saison en enfer, de Rimbaud, m'ont amené à la religion..." "-A 30 ans, ma soeur s'est rendue compte que Rodin ne voulait pas l'épouser. ce fut la fin de sa vie consciente..." "La lecture des Illuminations puis d'Une saison en enfer, de Rimbaud, m'ont amené à la religion..."

-"Je me suis fait chrétien par obéissance et par intérêt, pour savoir ce que l'on attendait de moi..."'

Camille Claudel : "C'est beau ces millionaires qui se jettent sur une artiste sans défense... Ils sont tellement fermés à la lumière qu'ils ont besoin de nous pour la percevoir..." "-Ce cerveau diabolique de Rodin... Il ne pensait qu'à me voler..." "-Ces hommes, pour qui je serai une accusation vivante..."

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