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Pensées, reflexions, nouvelles et autre...



Gérard Depardieu : extraits
16-01-2013

Ce mois-ci sur Fréquence Protestante (100.7 fm), je consacre l'émission "Obliques" à Gérard Depardieu, côté cinéma. Focus sur 5 films : "Trop belle pour toi", "Le garçu", "Aime ton père", "Fort Saganne" et "Bellamy".

Ma tante Anne Bounaix, orthophoniste, avait attiré mon attention, lors de la sortie du film ,sur une séquence bouleversante de "Fort Saganne" d'Alain Corneau. Celle où le lieutenant ampute la jambe d'un homme, pour le sauver. Opération sans anesthésie, en plein désert, à la lumière du feu de bois. Son assistant lui dit "Lieutenant, arrêtez li est mort...". Depardieu (Saganne, donc), s'arrête un instant puis continue de scier, ajoutant : "On verra plus tard".

Ce triomphe du verbe sur la mort m'avait beaucoup marqué. Qui d'autre que Depardieu pouvait dire ça comme ça ?

L'émission fera un focus sur "Aime ton père", film fascinant avec Guillaume et Gérard, dans un film psychothérapie  in vivo. C'est du cinéma vérité, cinéma réalité, au sens noble...  

Téléchargeable sur www.frequenceprotestante.com

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Love is all you need de Susanne Bier : extraits
02-01-2013

Ewan Mc Gregor disait que, contrairement à un Américain, un acteur anglais est toujours embarassé par son corps. Il semble presque s'excuser d'être là. Mais, selon moi, le côté positif est que, dans cette "raideur", l'acteur brittanique se déploie comme nul autre. C'est sans doute pour ça que George Lucas, dans Star Wars (on ne dit plus "La guerre des étoiles", j'ai remarqué...) prenait des britanniques. Mc Gregor, donc, et avant lui Alec Guiness...

En voyant "Love is all you need", le nouveau Susanne Bier, j'ai été sidéré par la justesse, et la drôlerie de Pierce Brosnan. Quel acteur ! Sa réplique "Les radis sont prioritaires" est déjà culte. En prenant Daniel Craig, la franchise James Bond a choisi un acteur neutre, mais en a perdu un plus flamboyant.

Invité à la Maison du Danemark, j'avais revu, en Décembre, des "anciens" films de Susanne Bier : "Brothers" ou "Nos souvenirs brûlés". Une rétrospective pour mettre l'eau à la bouche...

"Love is all you need", sorti récemment, commence par un curieux travelling avant sur une femme face à son médecin. On parle de cancer, de rémission, de sein à enlever. "-Mon mari ne se rendrait même pas compte qu'il me manquerait un sein" dit lda (Trine Dyrholm), l'héroïne. De retour chez elle, elle trouve le dit mari au lit avec une jeune collègue. S'ensuit une explication hilarante sur le pourquoi de la chose...

Ida part alors seule (le croit-elle) au mariage de sa fille, en Italie. Elle fera le voyage avec Philip (Brosnan) dont elle a abîmé la voiture. A la tête d'une entreprise de fruits et légumes (à grande échelle), veuf jamais recasé, Philip part lui marier son fils. La coïncidence, celle des villes de taille moyenne, est possible. Voici les deux parents de mariés réunis.

Le film est toujours vif, malgré des transitions sur les panoramas italiens un peu pénibles car répétitifs et mal mis en musique. Le mariage sera l'occasion d'un "Festen" bis, où chacun révélera ses sentiments. La fille de Ida demande à sa mère : "Maman, comment sait-on que notre futur mari est le bon ?". "-Tu n'es pas catholique, tu pourras toujours changer" répond la mère...

Le regard sur la médecine, et le cancer, est bien saisi (Susanne Bier sait mieux que personne synthétiser les grands thèmes). Un professeur dit à Ida : "Si tous ceux qui ont des mauvais préssentiments devaient faire des examens coûteux, la sécurité sociale s'effondrerait..."

Le film contient aussi un whodunnit : Herman Bang, auteur. Réel fictif ?

Mais, au-delà d'un propos très intéressant, le focus en creux du film, c'est Brosnan. Dans le taxi, Ida lui fait remarquer : "Vous n'avez rien dit de désagréable depuis 20 minutes !". "-C'est la magie du silence..." répond Philip.Encore une réplique culte.

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Générique émission "Comme on vous parle" de Pascale Clark...
02-01-2013

Aujourd'hui, il me semble presque inconséquent, et contre-productif, de sortir des CD ou DVD avec des couvertures fades ou passe-partout. Le visuel d'un disque est le sésame de son contenu. Et sa mémoire affective... Il y a quelques mois, j'ai trouvé presque par hasard un CD dont je n'avais jamais entendu parler : "Her 12 faces" par l'artiste LANU. Attiré par la pochette, je suis allé voir le vendeur qui m'a dit : "C'est du hip-hop !". Bon... Mon attention est attiré par le dernier titre, une reprise du "More than this" de Roxy Music. J'achète l'album. Et la, surprise : le premier titre ("Beautiful trash") m'est familier. C'est le générique de l'émission de Pascale Clark sur France Inter ("Comme on nous parle"). Ils ont isolé un bout de la chanson, l'ont mis en boucle en enlevant la partie chantée...

Le disque est très bon, notamment "Hold me down', qui a du mal à quitter mon esprit... La voix est envoûtante...

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Voeux en veux-tu en voilà...
31-12-2012

Pour 2013, je souhaite que l'audiovisuel se démocratise encore plus. Pourquoi, par exemple, ne pas confier, le 31 Décembre prochain, la réalisation des voeux du président de la république à un diplômé d'école de cinéma ? Car comment expliquer que depuis tant d'années, ce soit le même homme, Jérôme Revon (qui a couvert la Star Academy, les débats présidentiels, ou Fort Boyard...) qui le fasse sempiternellement ? N'y aurait-il pas dignité à faire "tourner" comme on dit ?

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Skyfall : extraits
30-12-2012

Bon, dans Skyfall, on comprend que Bond boit de la Heineken, que Daniel Craig est habillé par Tom Ford, que le M16 est équipé de VAIO Sony (Sony est producteur cinéma des Bond), mais pourquoi au générique de fin ne figure pas le nom des deux tableaux qui ont une importance dans la narration ? Etrange faute de goût pour des britanniques ordinairement si raffinés.Et étonnant pour un héros dont la Maman avait comme nom de jeune fille "Delacroix"...

Pourquoi y a t-il une telle ellipse quand Bond et la James Bond Girl (Berenice Marlohe) arrivent libres sur l'île et dans la séquence suivante sont menottés ? Je cherche encore. Ou plutôt j'attends...

Le charme de Skyfall vient des petites piques lancées aux jeunes générations, voire à la franchise elle-même. On entend des répliques comme "La jeunesse n'implique pas l'innovation", "Les stylos explosifs ce n'est plus notre truc" ou "Rien ne vaut les vieilles méthodes". Bond conclut : "Nous allons remonter le temps, là où nous avions l'avantage" (quand le Royaume-Uni était un grand empire, ou avant les attentats). On note aussi que l'Ecose (Skyfall est le nom de la propriété où a grandi Bond) a une place de choix dans le script. A l'heure où ce pays songe à quitter, par vote, le Royaume-Uni, qui saitsi ce n'est pas une invitation amoureuse qui lui est lancée. Ecosse, reste avec nous !

L'amour est présent dans Skyfall, mais pas où on le croît. La première Bond girl est plaquée au mur (de la droite vers la gauche) sans autre forme de procès. La seconde est enlacée brièvement, et presque cliniquement, sous la douche). On apprend que Bond a eu une expérience homosexuelle, quand le méchant (Javier Bardem) le soumet à la question...

Tout le film ramène finalement aux enfances : enfance du Royaume-Uni, enfance de Bond, et règne qui s'achève de "M". Le méchant l'appelle "Mère" et veut se suicider avec elle pour finir l'oedipe. "M" nous apprendra d'ailleurs qu'en matière d'agent secret : "Les orphelins font les meilleure recrues..."

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Extraits de RENOIR de Gilles Bourdos
26-12-2012

Quelques paroles du peintre pendant le film :

"Toute ma vie, je me suis embarassé de complications. Aujourd'hui, je simplifie. Ce qui doit commander le dessin, c'est la couleur..."

"Chez les Renoir, on se refuse à broyer du noir !"

"Les femmes, que ce soit une putain ou une reine, tu leur dois le même respect".

-"La chair, il n'y a que ça..."

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Sortie du numéro 22 de "Versus". portrait du cinéma de Denis Villeneuve...
21-12-2012

Je recommande la lecture du nouveau numéro (le 22) du magazine "Versus", actuellement en vente dans les "bonnes librairies", comme on dit (et disponible en médiathèques). Cette excellente revue fête son dixième anniversaire avec un numéro spécial et conséquent. J'y contribue avec un regard sur le cinéma de Denis Villeneuve, ainsi que la réédition de mon entretien avec Michael Ballhaus, chef-op entre autres pour Scorsese, Kloves ou Fassbinder...

"Versus" est incontestablement la revue la plus ambitieuse ayant vu le jour ces dernières années. Indépendante, pertinente... Après la disparition de "Repérages" ou de "Split-Screen", "Versus"est un des rares oasis cinéma...

L'article sur Denis Villeneuve m'a donné du fil à retordre, étant donné l'aspect hétéroclite de son oeuvre ("Polytechnique", "Maelström", "Indendies"). 14 heures de rédaction, et quelques verres de St Pourçain (dans la dernière ligne droite), ont été nécessaires... :)

Ayant été le premier journaliste français à interviewer Villeneuve, en 1999, lors de la sortie de "Un 32 Août sur terre", je tiens énormément à cet article, à lire donc dans ce numéro 22 de "Versus".

www.revueversus.com

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Charniers cachés...
12-12-2012

Avant de devenir végétarien, comme Tobey Maguire (*), j'étais allé manger chez Pierre Gagnaire à St Etienne. Un gars super sympa, et inventif. pas obsédé par la viande d'ailleurs. Le problème avec les grands cuisiniers, c'est qu'ils veulent se faire plus gros que le boeuf. Récemment, j'ai mangé, je pense, le pire repas de ma vie, dans un restaurant Campanile (c'était le seul endroit encore ouvert). La carte arborait fièrement que les plats avaient été supervisés par Pierre Gagnaire. Triste retour de bâton. Les plats étaient horribles, inconsistants, et la serveuse semblait triste et honteuse de nous les servir. Comment Pierre Gagnaire a t-il pu s'engager dans cette galère ? Dieu seul le sait. Dès qu'un artiste crée une franchise, il est riche financièrement mais mort artistiquement.

Manger de la viande n'est de toutes façons pas u en solution. Comme l'expliquait récemment l'émission "La tête au carré" sur France Inter, 90% de la viande que nous mangeons est industrielle, et dans 80% des cas, on cisaille l'animalalors qu'il est encore vivant. En France, en 2012. J'ai publié il y a quelques années dans le magazine "L'oeil électrique" le témoignage d'une étudiante vétérinaire. Son stage dans un abattoir l'a changée à jamais.

http://oeil.electrique.free.fr/article.php?numero=27&articleid=474

* L'acteur de Spiderman déclarait qu'il ne pouvait pas manger (et donc ne mangeait plus) de viande. Car à chaque fois lui revenait en tête, et dans le corps, la vie de l'animal. Vie interrompue industriellement.

Merci à "One Voice" pour la photo.

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Le débat des grandes voix : Europe 1
12-12-2012

Si le cinéma en France doit craindre quelque chose, ce n'est pas de l'invasion américaine, mais du réflexe chauviniste de certains journalistes. Dans l'émission "Le débat des grandes voix", animée brillamment par Wendy Bouchard, un des intervenants (ne citons pas son nom par charité...) commentant le palmarès de Cannes a dit qu'il était quand même dommage que l'on donne le prix d'interprétation à un acteur danois... En l'occurrence Mads Mikkelsen pour "La chasse" de Thomas Vinterberg. Même chose pour les deux actrices roumaines de "Au-delà des collines". "-Non, c'est vrai... (pour suivre la pensée et la parole de ce journaliste), "-Je ne veux pas dire du mal des autres pays, mais quand même, quand on a Marion Cotillard, Jean Dujardin, et tous nos acteurs glamour, c'est vraiment dommage de donner le prix d'interprétation à des acteurs que personne ne connaît !"

C'est ce qu'on entend sur une grande radio périphérique par un journaliste qui a sa carte de presse depuis 40 ans : Le cinéma, c'est bien, mais quand il est déjà connu de tous. Et puis Cannes, c'est bien, mais surtout à l'hôtel, bien mieux éclairé que les salles... Bonjour l'esprit de découverte...

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Entretien avec Catherine Corsini dans l'émission "Obliques"
07-12-2012

Vendredi 7 décembre à 14h dans "Obliques" (Fréquence Protestante 100.7fm), je reçois la ciénaste Catherine Corsini dont j'admire le travail depuis son premier film "Poker". J'aime ce cinéma libre, en ruptures de ton, jamais complaisant. On est provoqué, interpellé et surtout jamais en repos. Mon film favori de C. Corsini est sans doute "La répétition", dont les thèmes étaient brassés avec mystère sans qu'on perde jamais le fil. C'est le contraire d'un cinéma passe-partout.

"Trois mondes" est très convaincant. il démarre par un plan nocturne sur une voiture noire, filmée en fait comme un cercueil. Al, l'anti-héros du film, renversera quelques minutes plus tard un inconnu rue Laumière à Paris. Influencé par ses deux "potes", il prend la fuite. Al doit se marier dans quelques mois et reprendre la concession automobile de son beau-père. Un boulevard s'ouvre à lui. Mais, rongé par la culpabilité, et reconnu par une témoin de l'accident, il remettra ses valeurs en question. 

Superbement éclairé par Claire Mathon, le film est haletant, tout en étant parsemé de plans où le temps s'arrête. Notamment celui où Al est seul face à nous sur un pont, et celui où Juliette (témoin de l'accident) est cadrée étrangement dans un bar.

Le film, sombre, dégage pourtant de l'optimisme. On sent de l'idéalisme, celui de la jeunesse, chez Al. Aux antipodes de son beau-père, un parvenu qui lui reproche de "Ne pas être doué pour le bonheur". Etrange comme cette attaque sonne finalement comme un compliment. Car chez Catherine Corsini, c'est précisément la difficulté du bonheur qui rend la vie intéressante et digne.

Le thème du don d'organes, de la marchandisation, ou non, du corps, notre rapport aux autres et les hasards de la vie sont parmi les thèmes que j'aborderai dans l'émission. Tout comme la citation de Martin Heidegger ("La mort, c'est ce que je ne peux pas faire pour toi") énoncée dans le film par le compagnon de Juliette.

J'ai toujours pensé qu'Heidegger était l'exemple typique du penseur surfait, capable de dire des banalités avec pompe et emphase. Dieu que cette pensée a vieilli. Nos professeurs de philo (certains le baptisaient "prince des philosophes"", sic...) ont été aveuglés ou n'avaient pas le compas dans l'oeil...

Mais "Trois mondes" est un excellent film, avec une fin ouverte particulièrement troublante... Un des meilleurs films de l'année.

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"La relativité expliquée aux enfants" au festival d'Aigues-Mortes.
23-11-2012

Le 10 Novembre a eu lieu la onzième projection (publique et en salle) de "La relativité expliquée aux enfants", cette petite fable sur l'éducation. La salle a été incroyablement réceptive, avec beaucoup de rires à des moments pas toujours prévus (en art, il ne faut rien prévoir). Puis, dans la deuxième partie du film, beaucoup plus émotionnelle, j'ai senti une vraie adhésion sur les parti-pris (non-dits, fin ouvert). Aucune projection n'est la même... Là, avec près de 100 personnes dans la salle, c'est comme si l'initimité de la famille (père, fils, enfant) trouvait un prolongement émotionnel...

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