FabricationLa théorie de la relativité... peut se résumer en deux quêtes : celle des deux acteurs principaux, le papa et le petit garçon. Et il y eut des volte-faces... Pour le rôle du père, je crois qu’une bonne douzaine d’acteurs prestigieux ont lu le script, de Philippe Torreton à Jacques Gamblin en passant par François Morel, Jean-Pierre Lorit, Tom Novembre ou Christophe Odent. Certains n’étaient pas libres, d’autre n’aimaient pas la fin, d’autres étaient d’accords mais les essais n’étaient pas concluants... Un ami m’a conseillé de voir un acteur : Dominique Parent (à l’époque je n’avais même pas aperçu l’ironie de son nom de famille par rapport aux titre du film...). Nous avons fait des essais mais je n’étais pas convaincu (mes assistants si ,eux, et ils me conseillaient vraiment de choisir Dominique). Finalement, 4 jours avant le tournage, alors que Dominique était en vacances près d’Avignon, je l’ai appelé... Concernant le petit garçon, nous avons à la fois joué la carte des castings et celle des yeux ouverts autour de nous, chez nos proches, etc... C’est -vraiment- quand je pensais tout abandonner que... l’assureuse du film me voyant abattu m’a demandait ce qui n’allait pas... Elle a tout de suite appelé une de ses amies qui est venue avec un petit garçon aux lunettes épaisses : Adrien. Je sentais quelque chose de différent avec lui mais là encore pas de certitude. Et là encore nous tournions dans un mois. Nous avons convenu d’un rendez-vous le lendemain (la nuit porte conseil est un proverbe assez juste....) et Adrien est venu sans lunette, coiffé différement. C’était lui. Et c’était un peu moi, car bien des mois après le tournage j’ai réalisé que ce film, sans être autobiographique- était une métaphore sur les liens avec mon père. Pour l’équipe technique, je souhaitais tourner avec une femme (sans doute pour contrebalancer le duo masculin) et j’ai contacté Brigitte Barbier, une chef-op d’expérience. Pour le reste de l’équipe, j’ai notamment contacté la Femis et y ait trouvé l’équipe son en l’occurence Michaël Barre (perchman) et Sophie Laloy (preneuse de son), Sophie qui est devenue réalisatrice depuis : son premier long-métrage “Je te mangerais” est sorti au printemps 2009. Dans l’équipe, il y avait aussi Steve Moreau (aujourd’hui cinéaste et producteur) Sébastien Bailly, devenu réalisateur de talent et créateur du festival du moyen-métrage de Brive-La-Gaillarde (ma ville natale) Le tournage a eu une particularité : il s’est déroulé sans vidéo de contrôle, suite à un cafouillage de production. Ma première réaction fut la déception, puis j’ai essayé d’en prendre les bons côtés : on s’intéresse davantage au jeu des acteurs, on les voit au lieu de juste les apercevoir dans un écran de 30 cms de large... La majorité du film se passant dans un appartement, situé dans une ville de taille moyenne (Colombes) en plein été, je garde du tournage un souvenir heureux même si -après une intoxication alimentaire lors d’un voyage au Mexique, j’avais perdu 15 kilos. Mais ce fut un tournage agréable où l’on ne perdait pas de temps en déplacements. Je parlais beaucoup et l’alchimie entre les membres de l’équipe fut fructueuse. A l’époque, ils ne savaient pas que le film ne serait près que dix ans plus tard, une année par minute...
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