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Action


Chaque rêve a un prix. Et dans mon cas, il passait par l’arrêt clair et net de la télévision pour tenter la réalisation. Découvrir des termes nouveaux, devenir actif et plus seulement spectateur, apprendre à fédérer une équipe, apprendre à la trouver, déjà...

Avec quelques années de recul, je pense qu’il n’est pas forcément malsain (en fait très peu de choses sont malsaines...) d’avancer sur plusieurs tableaux à la fois. Il est toujours frappant de voir que des cinéastes confirmés éprouvent le besoin de s’arrêter pour enseigner ou pour écrire sur d’autres confrères. En peinture ou en littérature, cette mixité des activités est bien vue, en musique et cinéma beaucoup moins. Sait t’on que Stanley Kubrick a écrit un texte sur Kieslowski ?

Ce que j’ai appris sur un tournage, c’est à quel point la métaphore de François Truffaut apparentant le cinéma à un “train dans la nuit” vaut avant tout pour la production. Pour la réalisation, on est davantage dans l’aiguillage permanent. Il faut être un bon chef de gare.

La technique est essentielle mais n’est pas tout. L’idéal serait bien sûr de tourner un film sur plusieurs années, pour avoir à la fois la spontanéité de certains moments et le recul. Mais comme ce cas de figure est rare, il est important de privilégier à la fois l’humain et la technique de la même manière et en direct.

La phrase de Billy Wilder (“En 50 ans de carrière, ma caméra n’aura tourné que deux semaines”) est acide, et je suis bien parti, malgré la vidéo, pour me ranger dans le club très fermés des tapirs en tous cas pour mes films personnels. Mais il faut bien voir une chose : nous créons les images dans nos têtes avant le tournage, les accomodons selons la myriade de décors ou de comédiens possibles et tout cela est en action plus de deux semaines par an ! En fait, selon les registres, tout change : celui qui n’écrit pas ses scripts peut tourner plus souvent. Celui qui ne se préoccupe pas de savoir si le script qu’il tourne a de l’intérêt peut tourner indéfiniment, 365 jours par an sans trop de difficulté.

J’ai -pour l’instant- décidé d’écrire mes histoires, de les produire et de les tourner, ce qui ralentit énormément leur “mise sur le marché”. Mais c’est l’âme qui m’intéresse. Ce que je dis est t’il intéressant ? Y a t’il une évolution ? Ces films peuvent t’ ils plaire au-delà des dialogues et toucher non seulement plusieurs tranches d’âges mais aussi différentes cultures ?

Au fond de moi, je préfère tourner un seul clip inoubliable (en ce moment pour Pauline Croze) qu’un long-métrage inabouti...

Comme le dit le proverbe, “même une horloge cassée donne l’heure exacte deux fois par jour”. Il faut être prêt pour ces deux fois là...

 
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